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jusqu’au 8 avril 2018

L’AFHEPP visite l’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon »

au Petit Palais - Paris

L’AFHEPP visite l’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon » au Petit Palais.

Le 12 mars dernier, une quinzaine de membres de l’AFHEPP ont eu le bonheur de bénéficier d’une visite commentée de l’exposition « L’art du pastel de Degas à Redon » qui se tient actuellement au Petit Palais.

Gaëlle Rio, conservatrice, chargée des collections d’arts graphiques des XVIIIe-XXe siècles et commissaire de l’exposition, nous a guidés dans cette remarquable exposition qui permet de découvrir, notamment, des œuvres peu connues de Berthe Morisot, Auguste Renoir, Paul Gauguin, Edgar Degas, Odilon Redon, James Tissot, Jacques-Émile Blanche, Victor Prouvé….

C’est la première fois que Le Petit Palais présente au public cet ensemble de 130 pastels, tous issus de ses collections. En raison de leur sensibilité à la lumière et aux vibrations que provoqueraient les transports, ils n’ont que rarement été montrés et jamais prêtés. Il s’agit là d’une occasion exceptionnelle de les admirer.

Bien que longtemps dédaignée au profit de la peinture par les critiques d’art, la technique du pastel se montre infiniment séduisante par sa matière et ses couleurs, permet une exécution très rapide et traduit une grande variété stylistique. De la simple esquisse colorée aux grandes œuvres très achevées, le pastel est à la croisée du dessin et de la peinture. La grande majorité des pièces exposées, datées entre 1850 et 1914, illustrent le renouveau de cette technique durant la seconde moitié XIXe siècle. Le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, est organisé autour de cinq sections reflétant les différents courants esthétiques qui ont traversé cette époque.

Avant le renouveau du pastel
Si l’art du pastel connaît son âge d’or au XVIIIe siècle, la technique est quasi-abandonnée jusqu’aux années 1840. D’œuvre d’agrément ou d’esquisse, le pastel devient progressivement une création autonome, appréciée des artistes romantiques comme Léon Riesener ou du sculpteur et dessinateur Jean-Baptiste Carpeaux. La création de la Société de pastellistes français en 1885, la construction d’un pavillon des pastellistes pour l’Exposition universelle en 1889 permettent à cette technique de s’imposer pour elle-même.

Le pastel naturaliste
Désireux de sortir de l’atelier pour aller au contact de la nature, les paysagistes s’emparent de ce matériau léger et peu encombrant, ne nécessitant ni préparation ni temps de séchage, pour dessiner sur le motif. En quête d’une vérité dans la transcription du réel, ils trouvent là une technique parfaitement adaptée à la notation des changements de lumière. Plus largement, le médium est utilisé pour tous les sujets de la vie moderne, scènes populaires ou intimes, qui réclament un traitement neuf, simple et spontané.

Le pastel impressionniste
Pour traduire des sensations instantanées, le pastel s’impose comme une évidence auprès des artistes impressionnistes, bien que sa pratique reste secondaire pour nombre d’entre eux. Cependant, les œuvres d’Edgar Degas à Mary Cassatt et de Paul Guillaumin à Paul Gauguin, sans oublier Berthe Morisot et Auguste Renoir, offrent un remarquable éventail de leur esthétique, celle de la suggestion du mouvement, des vibrations d’une touche rapide, et des effets de lumière, d’un art de l’intime.

Le pastel mondain
Dans la société de la fin du XIXe siècle, le portrait mondain traduit le goût d’une élite aristocratique et bourgeoise, sensible au charme et au raffinement du pastel, et offre aux artistes des perspectives commerciales. Dans la lignée de James Tissot, Albert Besnard et Jacques Émile Blanche s’affirment des pastellistes et portraitistes virtuoses pour évoquer l’élégance parisienne. En multipliant les grands formats, ils prouvent que le pastel n’a désormais plus rien à envier à la peinture.

Le pastel symboliste
Le pastel est utilisé avec une prédilection particulière par les peintres symbolistes, à la fois pour ses couleurs, aux harmonies souvent étranges, et pour sa matière vaporeuse. Ces artistes privilégient les sujets rares, souvent littéraires, allégoriques ou mythologiques, les climats de mystère et d’étrangeté, propices à la rêverie et à un idéal poétique. Une place de choix est réservée à Odilon Redon, figure singulière du renouveau du pastel à la fin du XIXe siècle. Dans ses portraits comme dans ses études de fleurs semblant tout droit sortis d’un rêve, il fait triompher l’éclat et l’intensité des couleurs qui l’emportent sur les sujets représentés.

Les œuvres présentées au Petit Palais nous font découvrir comment, dans le dernier quart du XIXe siècle puis au début du XXe siècle, le pastel devient progressivement un genre autonome et un outil d’expérimentation au service de la modernité.
Si vous n’avez pu vous joindre à nous, ne manquez pas de vous y rendre avant le 8 avril 2018 !

Maryse Pierrard

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