Association Française pour l’Histoire et l’Étude du Papier et des Papeteries
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Voyage à Rodez et à Figeac

L’AFHEPP à la rencontre du papier, de la transparence et des « noirs » profonds

du 13 au 15 octobre 2017

Cette année une quinzaine de membres de l’AFHEPP s’est réunie sous un soleil estival autour du papier, de la transparence et des « noirs » profonds !

Vendredi 13 octobre
La première journée commence à Rodez aux Archives départementales de l’Aveyron par l’étude de documents du XIIIe au XVIIIe siècles présentés par Alain Venturini, directeur, et sélectionnés préalablement par Hélène Charbey, restauratrice d’Arts graphiques.
Munis d’une feuille lumineuse nous admirons ces quelques dossiers et ouvrages exposés et ouverts à notre intention.

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Hélène Charbey aux Archives départementales de l’Aveyron
avec Florence Herrenschmidt, Josette Telford
et Jacqueline Banière
cliché Emmanuelle Hincelin
  • La comparaison de deux ouvrages reliés du XIVe siècle montre d’une part du papier (1299-1309) sans filigrane, aspect satiné [1], avec des fibres visibles en transparence, d’autre part du papier plus blanc, plus fin et filigrané à l’arbalète (1362). [2] Ces deux ouvrages sont des registres concernant la région, le Rouergue. On peut penser que le premier a été réalisé avec du papier fabriqué selon les techniques arabo-espagnoles tandis que le second est évidemment un papier utilisant les perfectionnements italiens.
  • Par ailleurs, nous sommes attirés par des reliures très particulières, admirées par Nadine Dumain, relieuse au Moulin du Verger :

Cette reliure souple de la fin du XIVe siècle en parchemin qui s’apparente à une enveloppe protectrice et montre les différentes interventions de couture que le temps et l’usage ont apportées pour lui donner ce magnifique aspect actuel.
Une autre magnifique reliure in folio du XVIe siècle constituée de 231 feuillets est recouverte de basane ornée en à froid. Elle est constituée d’une double couture : la première assemble les cahiers entre eux, la seconde attache la couverture au bloc texte à l’aide de liens de cuir blanc.

Nadine Dumain

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Registre : 1377-1384 - Recettes du Comté
AD Aveyron 1C 1334
Cliché Nadine Dumain
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Registre : 1546 - 1582 Reconnaissances féodales de la ville, bourg et paréage de Rodez
AD Aveyron 1C 1177
Cliché Nadine Dumain
  • Un document du XVIe siècle regroupant plusieurs « Reconnaissances » est très joliment illustré d’armoiries en couleur et suscite notre admiration.
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    Registre : 1539 - 1547 Reconnaissances
    avec Nadine Dumain, Denis Peaucelle, Hélène Charbey,
    Josette Telford, Olivier Courtil, Jacqueline Banière
    AD Aveyron - 1C1155
    Cliché Emmanuelle Hincelin
  • Un autre ouvrage attire notre attention en raison de son format allongé (environ 28,5 x 21 cm) : il s’agit d’un cahier de compte de 1328 à 1349 .
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    Registre : 1328 - 1349 Comptes relatifs au comté de Rouergue
    AD Aveyron 1C 1042
    Cliché Nadine Dumain

Ce format a été expliqué dans une intervention par Hélène Cordonnier [3]
sur les « Marques et filigranes dans les papiers des notaires du XIVe siècle conservés aux Archives départementales des Alpes-Maritimes » lors du colloque sur "Les matériaux du livre médiéval" présenté en 2007 à l’IRHT.

Au Moyen Âge, il existait deux sortes de registres de notaire, tout d’abord les "extensoires" ou "étendues", de grand format, où les actes sont retranscrits intégralement avec toutes les formules de style réglementaires. Le notaire procède à cette retranscription d’acte seulement lorsque l’intéressé en demande une expédition, appelée aussi "grosse". L’extensoire fait office de registre original. Dans ce cas, le pliage des feuilles se fait "in folio". Par ailleurs, les "protocoles" ou "brèves", de petit format oblong, sont des registres composés de notes informes, prises en vue de la rédaction plus complète de l’acte. Ces notes se présentent de fait par ordre chronologique. Dans ce cas, le pliage des feuilles est qualifié de "demi in-folio". Les registres de "protocoles" disparaissent au cours du XVIe siècle.

Hélène Cordonnier

  • De nombreux filigranes, certains clairement d’origine italienne, d’autres sans doute français pourraient faire l’objet d’une étude sur les origines locales des papiers employés.

Le journaliste Olivier Courtil de Centre Presse couvre cette visite.

À la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron (SLA), Jacques Poulet, trésorier et éminent héraldiste, nous présente l’histoire de cette institution et ses collections. Elles ont été données progressivement dès sa création en 1836 par ses membres, des chercheurs, des historiens, mis en confiance par le sérieux et la compétence des administrateurs.
Pierre Lançon, bibliothécaire de la SLA et spécialiste de l’édition rouergate nous raconte l’histoire passionnante des imprimeurs et des libraires de Rodez du XVIe à la fin du XXe siècle, représentée par une seule famille liée aux imprimeurs de Lyon et écartelée entre le monde des marchands du bourg de Rodez et celui des ecclésiastiques installés dans la cité.
Les ouvrages et documents présentés montrent la richesse des collections. Ils nous permettent là aussi d’admirer le papier et les filigranes dont l’un d’eux, des armoiries d’ecclésiastique sont reconnues par Jacques Poulet comme celles du Cardinal de Retz.

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Examen de documents à la Société des Sciences, des Lettres et des Arts de l’Aveyron
avec Pierre Lançon, Hélène Charbey, Jacques Poulet,
Josette Telford, Jacqueline Banière
Cliché Emmanuelle Hincelin

Le seul livre écrit sur l’histoire du papier en Rouergue est celui d’André Aucourt : Deux familles d’imprimeurs-libraires villefranchois : Grandsaigne et Vedeilhie (1670-1841).

La journée se termine à Figeac, dans la vieille ville, charmante, entrelacée de rues étroites et dont de nombreux bâtiments sont surmontés d’un étage ouvert à claire-voie, étage qui nous évoque les séchoirs à papier. Il s’agit bien de séchoirs mais pour les peaux tannées, les fruits ou les noix, selon les quartiers de la ville.

Samedi 14 octobre
Le samedi matin, chacun se promène dans la ville et profite du marché pittoresque de Figeac. Puis nous nous réunissons entre nous pour découvrir et/ou examiner la mallette pédagogique "PAPIER" préparée par l’AFHEPP et décrite plus loin.

L’après-midi commence notre promenade vers les noirs : la découverte devant le musée Champollion des Écritures du Monde d’une immense reproduction de la pierre de Rosette (14 m x 7 m) posée sur le sol et sculptée dans du granite noir du Zimbabwe par l’artiste conceptuel américain Joseph Kosuth.
La visite du Musée nous transporte dans les mondes de l’écriture. Beaucoup de pierres gravées, de parchemins, de livres ou documents en papier. La couleur noire domine. Gilbert Mijoule, conférencier, nous guide à travers les siècles et les civilisations. Il nous relate l’histoire de Jean-François Champollion et des recherches qui l’ont amené à déchiffrer les hiéroglyphes.
Nous prenons conscience, si cela était utile, de l’importance des supports de l’écriture et particulièrement de développer un rayon papier dans cet environnement.

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Le groupe des participants devant le musée Champollion et sur la pierre de Rosette
avec Marion Cinqualbre, Florence Herrenschmidt, Hélène Charbey, Anaïs Enshaïan, Gilbert Mijoules, Denis Peaucelle,
Nadine Dumain, Emmanuelle Hincelin, Roy Telford,
Stéphanie Lebreton, Josette Telford, Jacqueline Banière,
Jean-Paul Blettery, François Banière, Christian Tchang -
cliché Gérard Barbé (La Dépêche)

À 16 heures, Stéphanie Lebreton, responsable du service des publics au Musée, nous rejoint avec le journaliste de « La Dépêche », Gérard Barbé, pour la cérémonie de la remise de la mallette (http://www.ladepeche.fr/article/2017/10/25/2672109-l-afhepp-offre-une-mallette-pedagogique-sur-le-papier.html).
Denis Peaucelle, président de l’AFHEPP, prend la parole pour expliquer notre démarche. Ces quelques mots seront suivis des remerciements chaleureux de la responsable du Musée et de Gilbert Mijoule :

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Denis Peaucelle, Président de l’AFHEPP
Cliché Florence Herrenschmidt

En 2008, un groupe de passionnés du papier et de papiers, créait l’Association Française pour l’Histoire et l’Étude du Papier et des Papeteries (AFHEPP). Cette association est composée de membres éminents, chercheurs, historiens, restaurateurs d’arts graphiques ou de reliures, anciens directeurs de papeteries, de musées, de bibliothèques, etc. dont certains sont présents aujourd’hui.
Les objectifs sont de valoriser le patrimoine "papier" sous toutes ses formes : histoire, techniques, approches patrimoniales diverses, les filigranes et l’étude d’ouvrages anciens et donc rares…
En 2015, Marie-Christine Enshaïan visitait le musée Champollion - Les Écritures du Monde, à Figeac. Je rappelle que Marie-Christine était restauratrice d’œuvres graphiques, au musée Picasso, notamment, responsable du département "arts graphiques" à l’Institut de Restauration des œuvres d’art à l’Institut National du Patrimoine, elle était artiste et fut cofondatrice de l’AFHEPP.
Donc, lors de sa visite au musée Champollion, elle imagina de proposer un outil de découverte du papier sous forme de mallette pédagogique en complément des animations déjà existantes sur les écritures.
Marie-Christine nous a quittés le 22 octobre 2016 et n’a pas pu mettre en œuvre ce projet.
Pour lui rendre hommage, l’AFHEPP a souhaité poursuivre son idée et concrétiser cet outil pédagogique.
Cette mallette est une grande première pour notre association.
L’objectif est de guider les utilisateurs dans la découverte des nombreux aspects liés au papier.
Pour ce faire, nous avons subdivisé cet ensemble en trois parties qui comprennent des textes et des images, des échantillons de papiers et des objets.

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La sacoche, la boîte d’échantillons, le classeur de textes, la forme à papier dans son enveloppe en toile de lin
Cliché Florence Herrenschmidt

Les textes, sous forme de fiches thématiques illustrées comprennent :
-  une brève histoire du papier, de la Chine à l’Europe,
-  un descriptif de la fabrication traditionnelle du papier à la main
-  un descriptif de la fabrication industrielle du papier
-  un CD des illustrations
-  quelques mots-clés
-  des données statistiques
-  des ressources documentaires.

Les échantillons de papier (une cinquantaine) présentés sous pochettes de conservation en polyester sont accompagnés d’explications. Ils ont été sélectionnés par l’AFHEPP et sont classés par périodes, usages, grammages, aspects et formats.

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Les échantillons sont classés par périodes, usages, grammages, aspects et formats
présentés par Nadine Dumain
Cliché Christian Tchang

En annexes, les échantillons produits par les moulins à papier contemporains (Richard de Bas, le Verger, le Got et Brousses) montrent leur diversité de fabrication.
Ce choix non exhaustif présente des papiers d’écriture et d’impression et exclut les papiers d’emballages, hygiéniques, industriels et spéciaux. Nous n’avons traité dans cette mallette que des papiers français. Il est vrai que Marie-Christine était spécialiste des papiers orientaux mais ce thème pourrait faire l’objet d’une autre mallette.

L’AFHEPP tient à remercier toutes celles et ceux qui ont permis la réalisation de ce bel outil pédagogique :
-  Anaïs et Camille Enshaïan qui ont donné à l’AFHEPP la collection de papiers de Marie-Christine, leur mère
-  Mais aussi Hélène Charbey, Nadine Dumain, Josette Telford, Claire Bustarret, Nadine Dumain, Claude Laroque, Denis Peaucelle, Maryse Pierrard, Emmanuelle Hincelin, Jacques Bréjoux, André Durand, Frédéric Procop, Sylvain Péraudeau, qui ont généreusement donné de nombreux échantillons, participé à la conception de l’ensemble ou à la rédaction des textes et aussi Jean-Louis Estève et Claudine Latron qui ont fabriqué la forme à papier.

Ainsi, avec cette action, nous remplissons la mission que l’AFHEPP s’est donnée de faire connaître l’importance du papier dans notre culture.

Denis Peaucelle

L’une des deux filles de Marie-Christine Enshaïan, Anaïs Enshaïan et sa famille sont présentes et participent à l’émotion du moment.
Chacun admire la petite forme à papier qui porte le filigrane de l’AFHEPP.

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Découverte de la petite forme à papier
par Nadine Dumain,
Christian Tchang, Anaïs Enschaïan,
Gilbert Mijoules, conférencier
Stéphanie Lebreton, responsable du service des publics au musée Champollion
Emmanuelle Hincelin
Cliché Florence Herrenschmidt
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La forme à papier filigrané
Cliché Florence Herrenschmidt
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La feuille filigranée fabriquée avec la forme
Cliché Florence Herrenschmidt

Quelques feuilles fabriquées avec cette forme sont distribuées aux personnes présentes.

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Examen d’un échantillon de papier sur table lumineuse
avec Marion Cinqualbre, Hélène Charbey, Jacqueline Banière, Florence Herrenschmidt,
Josette Telford, Denis Peaucelle, Roy Telford
Cliché Emmanuelle Hincelin

Chaque échantillon de papier inclus dans la mallette est présenté sur une table lumineuse : les éléments codicologiques apportés par le papier à l’analyse de chaque document deviennent flagrants et justifient pleinement la présence de cette mallette au musée Champollion.

La journée se termine à quelques kilomètres au nord de Figeac dans l’atelier de calligraphie de Christian Tchang : une grange aménagée est habitée par le geste, celui des savoir faire agricoles anciens, celui de Christian Tchang qui travaille l’encre noire sur papiers blancs. Des pinceaux de formes et tailles variées, une lumière douce et tamisée. Nous pénétrons dans le domaine des noirs profonds et subtils, dans les contrastes contrôlés :

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Encre sur papier par Christian Tchang
sur papier gravure ZERKALL 200g
Cliché Christian Tchang

Taches et signes ont depuis longtemps hantés mon esprit, la calligraphie fut en quelque sorte une libération, un exutoire. Elle m’encourageait à poursuivre mon chemin de traverse, car je n’imaginais pas l’idée même d’une exposition. Ce n’est qu’en 2011 que j’ai pu, le hasard aidant, montrer mes premières encres.
Je suis un amoureux du papier. Mes origines chinoises influencent sans doute mon travail de l’encre monochrome. L’importance du tracé, l’indissociable essence du vide et du plein, notions intuitives dans la représentation de mes lavis à l‘encre de chine.
Le pinceau est mouvement et sensualité, l’encre noire est générosité et senteur, l’eau source de vie et liant, le papier est impatience et amour. Concentration, geste, naissance du lavis : une densité de gris, de noir et d’espace non peint.
Esthétisme, douceur, sérénité, fulgurance, rêve, c’est ce que je tente de transmettre au travers de mes signes.

Christian Tchang

Dimanche 15 octobre
Départ de bonne heure, nous nous retrouvons à Conques dans l’Abbatiale Sainte Foy pour admirer, entre autres, les vitraux « translucides » conçus par Pierre Soulages entre 1986 et 1994. Ils diffusent une lumière douce et changeante, simple et stricte comme la doctrine cistercienne.
Le retour à Rodez nous mène au musée Soulages où sont exposés, notamment, les dessins du projet de ces vitraux ainsi que l’explication sur leur fabrication.
Notre œil bien entraîné précédemment sait maintenant apprécier les nuances des noirs et blancs, mais aussi l’importance du geste dans le travail de l’artiste et il reçoit les œuvres magistrales de Pierre Soulages avec discernement. Le secteur papier du musée qui lui est consacré présente des eaux fortes, des lithographies, des sérigraphies, des peintures au brou de noix, des gouaches.

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Lithographie Pierre Soulages
n°24B - 1969 - 76 x 56 cm

Plusieurs de nos membres ont participé à la restauration et au montage de ces œuvres, et parmi eux, Florence Herrenschmidt qui nous guide à travers les salles du Musée :

Le bâtiment ressemble à l’artiste : masse et équilibre des formes, force et puissance des matériaux (métal, acier Corten), contrastes,…
Il y a une symbiose entre l’architecture, l’homme et son œuvre, les choix muséographiques.

L’œuvre de Soulages se caractérise par l’utilisation de matériaux bruts (brou de noix, peinture à l’huile ou acrylique, encres épaisses...), des outils souvent fabriqués par lui-même et par des œuvres aux dimensions impressionnantes.
La lumière est primordiale, elle participe à la vibration des noirs et couleurs des peintures dans les grandes salles, ouvertes vers l’extérieur.
À l’inverse, les salles dédiées aux estampes sont dans la pénombre, dépourvues de lumière naturelle. Néanmoins, elles apparaissent comme des signes forts et éclatants. Leur mode de présentation - voulu par Pierre Soulages - met en valeur les matériaux et le travail du graveur : plaques torturées à l’acide, reliefs des encres, densité des couleurs, textures des papiers d’art,…

Les tirages à l’eau-forte, lithographies et sérigraphies sont présentés à la verticale, sans cadre, dans de grandes vitrines. La présentation de la feuille de papier dans son intégrité, détachée du mur par un montage et un accrochage invisibles, avec une lumière tangentielle, permet au visiteur d’entrer dans l’œuvre sans intermédiaire. L’œuvre gravée comme les dessins au brou de noix sont extrêmement gestuels et tissent des liens avec la calligraphie. Habités d’un souffle, leur force et leur évidence touchent. D’un point de vue de la conservation, la nécessité d’une rotation régulière des œuvres graphiques nous a amenées à concevoir un mode d’accrochage facilement mis en œuvre par l’équipe du musée elle-même.

L’exposition temporaire de Calder répond comme dans une musique à deux instruments ; on y retrouve une puissance, un travail de l’outil et de la matière similaires.

Florence Herrenschmidt et Emmanuelle Hincelin

Le travail de funambule de Calder avec ses ombres vacillantes… c’est sur cet équilibre improbable que nous quittons le musée Soulages.

L’après-midi nous conduit au musée Fenaille et son exposition temporaire sur l’affaire Fualdès. C’est peut-être la partie la plus noire du week-end : le meurtre de Fualdès en 1817, premier fait divers diffusé à l’échelle internationale, nous est commenté et expliqué par Hélène Charbey qui a travaillé aux restaurations de certains documents de l’exposition :
À Rodez, le procureur impérial, Bernardin Fualdès, est égorgé en pleine rue. Trois procès interminables suivent, 730 témoins et 5 peines de mort dont 3 effectives ! De nombreux témoignages contradictoires et fantaisistes, ont alimenté les rumeurs et le succès populaire de l’Affaire Fualdès, l’une des plus célèbres affaires criminelles du XIXe siècle.
La « noirceur » de l’événement est représentée par une abondance de documents et particulièrement par des lithographies en noir et blanc sur papier vélin pour la plupart.
Cette technique d’impression a été découverte en 1796 par Aloys Senefelder en Allemagne. Elle a été développée pour la France en Alsace par Godefroy Engelman en 1814. Une des toutes premières lithographies est celle de Mme E Manson de Rhodez , imprimée sur papier vergé par Godefroy Engelmann, à Paris en 1817.

L’exposition est un témoignage exceptionnel des débuts en France de la lithographie.

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« Mme E. Manson de Rhodez »
Madame Manson, par ses témoignages contradictoires et fantaisistes, est la personne qui a popularisé l’Affaire Fualdès
pour le grand malheur des accusés.
cliché Hélène Charbey

Ce week-end chargé d’émotions intenses se termine. Nous retournons à nos occupations, satisfaits d’avoir exercé pleinement nos facultés d’émerveillements… comme l’aurait voulu notre amie Marie-Christine.

Josette Telford

Notes

[1AD Aveyron 1 C 1395 (Registre)

[2AD Aveyron 1 C 1017 (Cahier)

[3Hélène Cordonnier était restauratrice d’Arts graphiques et conservatrice au musée des Arts asiatiques de Nice, membre et co-fondatrice de l’AFHEPP. Elle est décédée le 3 octobre 2017.

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